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Projets miniers : L’entente à prix maximum garanti (PMG) est-elle vraiment la meilleure solution?

Projets miniers contrôle des coûts

L’industrie minière faisant face à des défis de productivité importants, les compagnies sont sous-pression et doivent réaliser leurs projets de plus en plus efficacement.

Les donneurs d’ouvrages ont souvent eu recours à des contrats à prix maximum garanti pour protéger leur investissement dans les projets miniers majeurs. Toutefois est-ce la meilleure solution pour bien contrôler les coûts ?

Ce mode de réalisation a fait ses preuves, mais principalement dans des contextes où les projets sont simples et prévisibles.

Pour des projets majeurs uniques (dans lesquels il existe peu de comparables), le projet à coûts maximum garanti semble parfois faire partie du problème, plutôt que de la solution.

Pour le donneur d’ouvrage, le projet à coût maximum garanti présente deux principaux avantages :

  1. le transfert des risques vers le partenaire d’affaires (notamment du risque de dépassement des coûts)
  2. l’assurance d’un retour sur l’investissement acceptable selon les normes de l’industrie.

Toutefois, les grandes firmes d’ingénierie, comme annoncé par SNC Lavalin tout dernièrement, se retirent peu à peu de ce type de contrats.

Comment assurer le retour sur l’investissement dans les projets miniers?

Transférer les risques semble une piste intéressante pour un donneur d’ouvrage. Dans la réalité, cette avenue apporte aussi son lot de désavantages :

  • surévaluation des coûts négociés pour tenir compte des risques,
  • trop grande dépendance sur les capacités du partenaire d’affaires de gérer les coûts et les risques,
  • lourdeur administrative dans la gestion des changements au contrat,
  • possibilités de litiges,
  • etc.

Selon notre expérience, le plus grand risque que les donneurs d’ouvrage désirent transférer est celui des dépassements de coûts.

Ainsi, plutôt que de chercher un mode de réalisation pour transférer l’ensemble des risques, une avenue coûteuse, pourquoi ne pas mettre en place en priorité des mécanismes de planification et de contrôle des coûts efficaces?

Dès l’étude de faisabilité, ces mécanismes peuvent être déployés pour réduire et contrôler les coûts à chaque étape du développement des projets. Le donneur d’ouvrage aura ainsi en tout temps la pleine maîtrise des coûts.

Mécanismes de réduction et de contrôle des coûts pour les projets miniers

Voici trois mécanismes de réduction et de contrôle des coûts à considérer :

Intégration à l’équipe de projet d’un expert indépendant en estimation des coûts

Un expert en estimation des coûts de construction devrait être intégré à l’équipe d’ingénierie dans les étapes de préconception. Son intervention en amont du projet est cruciale pour établir le juste coût du projet incluant les allocations pour risques.

Ceci doit être réalisé dès le départ puisqu’il est très difficile, voire impossible, de rattraper par la suite un projet qui a été sous-évalué.

Réalisation d’une estimation par un spécialiste des coûts ayant une connaissance approfondie du domaine minier

Seule une estimation juste, réalisée avec les références propres du domaine et du marché permet au donneur d’ouvrage de prendre des décisions éclairées sur la réalisation de son projet.

Le spécialiste en coûts, avec des connaissances des particularités de l’industrie, est en mesure d’établir dès l’étude de faisabilité la juste valeur monétaire d’un projet.

Il pourra entre autres vérifier que les coûts sont représentatifs du marché et que les solutions techniques proposées sont viables économiquement, et ce en fonction des divers paramètres tels que :

  • l’échéancier de réalisation,
  • productivité de la main d’œuvre,
  • facteur d’éloignement,
  • etc.

Suivi en continu des coûts pendant la conception et la réalisation 

Pendant la phase de conception, une expertise des coûts permet d’obtenir l’heure juste en temps réel sur les sommes engagées et dépensées. Il est ainsi possible de faire des prévisions de coûts précises et de proposer des pistes pour réduire certains postes de dépenses des projets miniers.

Son expertise permet à la fois de prendre en compte les coûts des éléments tangibles du projet (équipement, main d’œuvre, etc.), tout autant que ceux intangibles et plus difficiles à cerner (fluctuation du marché, etc.).

C’est également lors de cette phase que les coûts des projets miniers peuvent être optimisés en explorant certaines pistes de réalisation (ex. : grouper des lots).

Pendant la réalisation, le rôle de l’expert en coûts est celui du gardien de tous les aspects économiques du projet. Il peut à tout moment donner le portrait des coûts pour permettre au donneur d’ouvrages, le cas échéant, de réduire les risques de dépassement de coûts pour le propriétaire du projet.

Conclusion

Les compagnies minières ne peuvent contrôler les soubresauts de l’économie mondiale qui affecte les prix du marché. Une étude menée en 2019 par KPMG a révélé que de 2016 à 2019, environ 69% des projets de construction ont dépassé leur budget.

Ces dépassements de coûts sont souvent annonciateurs de projets qui échouent également à produire le retour sur l’investissement souhaité.

Il est donc crucial pour l’industrie d’instaurer des lignes directrices claires ainsi que des mécanismes pour garder le contrôle sur les coûts de réalisation de leurs projets d’investissement.

Des équipes intégrées – qui comprennent non seulement des ingénieurs, mais également des experts indépendants possédant une expertise en estimation, gestion de la construction et contrôle de coûts – offrent aux propriétaires les ressources dont ils ont besoin pour mieux surveiller les performances de leurs projets miniers, notamment au niveau des délais et des coûts.

L’avis d’experts, indépendants des équipes de conception et de mise en œuvre, permet de garder un meilleur contrôle sur votre projet.